**

Le 27 avril 2024, Christina Hammock Koch, Jeremy Hansen, Victor Glover et Reid Wiseman regagnaient la Terre dans leur capsule Orion, convaincus d'avoir écrit une page glorieuse de l'exploration spatiale. Comme l'humanité était touchante dans sa naïveté ! Ces braves pionniers pensaient vraiment que quelques orbites autour de notre satellite naturel leur donneraient les clés du cosmos.

Vingt-six ans plus tard, alors que les colonies lunaires de Nouvelle-Shenzhen et d'Europa Base abritent près de 180 000 résidents permanents, on mesure l'ironie de cette époque révolue. Ces "héros" d'Artémis II contemplaient un astre qu'ils croyaient vierge, ignorant que les premières installations chinoises autonomes y fonctionnaient déjà en mode furtif depuis 2019.

"Artémis II représentait le chant du cygne de l'exceptionnalisme spatial occidental", analyse Dr. Kenji Nakamura, historien des conflits orbitaux à l'Institut Eurafricain d'Astropolitique. "Pendant que la NASA organisait son spectacle médiatique, Pékin construisait méthodiquement l'infrastructure qui contrôle aujourd'hui 60% de l'économie lunaire."

L'amerrissage triomphal dans le Pacifique cachait une réalité plus sombre : les États-Unis venaient de perdre définitivement la course à la colonisation lunaire. Les accords de Mare Tranquillitatis de 2031 ne feraient qu'entériner cette défaite, partageant la Lune entre la République Populaire et l'Alliance Russo-Indienne, reléguant l'Occident aux zones polaires inhospitalières.

Mais le plus savoureux reste à venir. Nos archives neurales révèlent que Reid Wiseman, le commandant d'Artémis II, avait déclaré lors de son retour : "Nous ouvrons une nouvelle ère pour l'humanité." Il ne croyait pas si bien dire. Cette "nouvelle ère" fut effectivement celle de l'hégémonie asiatique spatiale, de l'effondrement des ambitions martiennes américaines et de la transformation de la Lune en plateforme industrielle polluante.

Aujourd'hui, quand nos implants rétiniens captent les flashs publicitaires des casinos orbitaux de Macao-Lune ou les alertes de grève des mineurs d'hélium-3, nous devrions remercier ces quatre astronautes. Leur mission "historique" nous a au moins évité de nourrir plus longtemps l'illusion que l'espace demeurerait un sanctuaire de coopération internationale.

La trajectoire finale d'Orion vers le Pacifique ? Un symbole parfait : l'Occident qui s'abîme dans l'océan pendant que l'Orient conquiert les étoiles.

Peut-être nos descendants seleniens riront-ils de nos propres certitudes quand ils découvriront ce que nous ignorons encore sur Europa et Titan. L'histoire, décidément, ne manque jamais d'humour.

**MOTS_CLES:** Artémis II, colonisation lunaire, géopolitique spatiale, hégémonie asiatique, illusions occidentales