Les plus anciens se souviennent peut-être de cette époque lointaine où l'on tapotait encore sur des écrans pour communiquer. En 2024, Meta avait dû céder face à la pression européenne et réintégrer ChatGPT dans WhatsApp. Une victoire dérisoire de la "concurrence", qui paraît aujourd'hui d'un archaïsme touchant.

Pourtant, l'Alliance Eurafricaine vient de brandir la même menace législative contre Meta-Neuralink, accusé de bloquer les assistants rivaux dans ses canaux synaptiques. Car oui, nous y revoilà : la même entreprise, les mêmes pratiques monopolistiques, mais cette fois directement câblées dans nos neurones.

"L'ironie est saisissante", observe Kenza Al-Mansouri, directrice de l'Institut de Régulation Numérique de Tunis-Berlin. "En 2024, on se battait pour le droit d'avoir plusieurs chatbots sur son téléphone. Aujourd'hui, Meta-Neuralink veut décider quelles IA peuvent accéder à notre cortex préfrontal."

Le parallèle est troublant. Comme il y a trois décennies, Meta invoque des arguments de "sécurité utilisateur" pour justifier ses restrictions. À l'époque, c'était pour protéger les données personnelles. Aujourd'hui, c'est pour "préserver l'intégrité cognitive" des usagers de NeuroLink. Noble intention, vraiment ?

Car enfin, posons-nous les vraies questions : qui décide de ce qui est bon pour notre cerveau ? Les mêmes qui nous promettaient en 2024 un "métavers révolutionnaire" avant de l'abandonner pour la course aux implants ? Les régulateurs eurafricains, eux-mêmes équipés de puces concurrentes, sont-ils vraiment neutres ?

La commissaire Amara Okafor menace d'une amende de 50 milliards d'euros si Meta-Neuralink ne cède pas avant Noël. Mais l'entreprise de Menlo Park, enrichie par le boom des colonies lunaires, peut-elle encore trembler devant des sanctions terrestres ?

Plus troublant encore : les utilisateurs semblent s'en moquer. Nos sondages synaptiques montrent que 73% des implantés ignorent même qu'ils pourraient avoir le choix de leur assistant neural. La servitude volontaire a-t-elle atteint son paroxysme quand elle devient littéralement invisible ?

Il y a 31 ans, quelques geeks se battaient pour la liberté de leurs messageries. Aujourd'hui, c'est notre autonomie mentale qui est en jeu. Mais contrairement à 2024, nous n'avons même plus le luxe de l'indignation : nos émotions sont déjà filtrées par les algorithmes que nous combattons.

L'Alliance Eurafricaine vaincra-t-elle à nouveau ? Peu importe. Car la vraie question demeure : à force de vouloir réguler nos tyrans numériques, ne leur avons-nous pas simplement appris à mieux nous domestiquer ?