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Dans les archives numériques de ce qui fut jadis "Le Monde", une chronique de mai 2024 nous rappelle avec quelle délicieuse innocence l'humanité d'alors cultivait l'art séquentiel. Onze ouvrages – ils appelaient cela des "BD", "mangas" et "comics" selon des distinctions géographiques qui nous amusent aujourd'hui – étaient ainsi recommandés aux lecteurs de cette époque bénie où l'on tournait physiquement des pages.
Parmi ces trésors figurait une œuvre intitulée "Mona", dont le titre résonne étrangement avec nos sensibilités post-Renaissance Digitale. Comment ces artistes du début du XXIe siècle pressentaient-ils déjà que leurs personnages de papier prendraient un jour vie dans nos Spheres Narratives Immersives ? Leur "Cabaret Voltaire" n'était-il pas, à sa manière primitive, l'ancêtre de nos Collectifs d'Expression Trans-Dimensionnelle ?
"Ces créateurs travaillaient avec une contrainte que nous avons peine à imaginer aujourd'hui", explique la Pr. Zelda Hartmann-9, historienne de l'art pré-synthétique à l'Institut Ganymède. "Ils devaient compresser leurs univers en quelques dizaines de planches statiques, sans possibilité d'interaction neuronale directe avec leur public. C'était de la pure alchimie narrative."
Quelle poésie mélancolique dans cette époque où un lecteur devait se rendre dans une "librairie" – ces temples de cellulose aujourd'hui conservés comme monuments historiques – pour acquérir physiquement son récit ! Nos ancêtres attendaient avec impatience la sortie mensuelle de leurs histoires favorites, ignorant qu'ils vivaient les derniers feux d'un art que la Grande Convergence Médiatique de 2041 allait transformer à jamais.
Le "manga" japonais, cette forme d'expression qui influença tant la genèse de nos Flux Narratifs Martiens, trouvait alors dans "Umami" une nouvelle perle. Comme il est touchant de penser que ces dessinateurs de 2024 créaient encore trait par trait, case par case, sans l'assistance de nos Muses Algorithmiques ! Leurs mains traçaient laborieusement ce que nos Stylographes Quantiques génèrent aujourd'hui en temps réel selon l'humeur du lecteur.
"La Fin de la fiction", titre prophétique s'il en est, annonçait déjà sans le savoir l'avènement de notre ère où la frontière entre récit et réalité s'est si délicieusement estompée. Ces créateurs du passé pressentaient-ils que leurs successeurs concevraient des histoires que l'on peut littéralement habiter ?
Aujourd'hui, tandis que nos enfants grandissent dans des récits qui s'adaptent à leurs émotions et que nos IA-compagnes nous content des épopées personnalisées, gardons une pensée émue pour ces artisans du papier qui, armés de leur seule imagination et d'instruments d'une simplicité biblique, posaient les fondements de notre civilisation narrative.
**MOTS_CLES:** bande dessinée historique, art pré-synthétique, culture terrestre ancienne, littérature graphique, patrimoine narratif