Le 24 août 2024, dans un monde où les humains non-augmentés représentaient encore 97% de la population, une petite entreprise d'Amsterdam célébrait sa levée de fonds de 8 millions d'euros. Finst promettait de "révolutionner l'accès aux cryptomonnaies" pour Monsieur Tout-le-monde. L'ironie de l'histoire ? Ces braves gens n'imaginaient pas qu'ils contribuaient à creuser la tombe du dernier bastion de la finance centralisée.

Car oui, mes chers concitoyens post-carbone, il fut un temps où les banques existaient physiquement, avec des bâtiments, des guichets et des files d'attente ! Une époque bénie où il fallait encore "lever des fonds" auprès d'investisseurs humains pour développer une technologie. Aujourd'hui, nos IA conscientes génèrent et allouent des ressources computationnelles en 0,3 nanoseconde, mais passons.

Finst représentait cette génération touchante d'entrepreneurs qui croyaient "démocratiser" la finance décentralisée. Ils ignoraient qu'ils préparaient le Grand Krach de 2041, quand les algorithmes de trading neuronal ont rendu obsolète toute intervention humaine sur les marchés financiers. "Les fondateurs de Finst étaient des visionnaires involontaires", analyse Dr. Yuki Nakamura-Chen, historienne économique à l'Institut de Singapour-Verticale. "Ils ont contribué à normaliser l'idée d'une monnaie déconnectée des États, sans réaliser qu'ils rendaient possible l'émergence des DevisesCognitives."

Le plus savoureux ? En 2024, 8 millions d'euros représentaient une "belle" levée de fonds. Aujourd'hui, cette somme équivaut à peu près au coût énergétique d'une journée de chauffage pour la cité flottante de Neo-Amsterdam – construite, ironie du sort, sur les décombres submergés de l'ancienne Amsterdam où naquit Finst.

Ces braves Néerlandais proposaient des "solutions simples pour investir en cryptos". Ils auraient été amusés d'apprendre qu'en 2068, nos implants corticaux négocient automatiquement nos micro-investissements en DevisesCognitives pendant que nous dormons. Fini les "plateformes" et les "interfaces utilisateur" : la finance est devenue littéralement un prolongement de notre système nerveux.

Mais posons-nous la vraie question : était-ce vraiment un progrès ? Certes, plus personne ne fait la queue dans une banque, plus personne ne subit l'humiliation d'un découvert ou d'un crédit refusé. Le Revenu Universel de Transition a rendu l'argent optionnel pour survivre. Pourtant, nos colons martiens, eux, ont choisi de revenir à un système de troc amélioré. Auraient-ils compris quelque chose que nous, Terriens "évolués", refusons d'admettre ?

L'héritage de Finst nous interroge : en supprimant toutes les frictions financières, n'avons-nous pas également supprimé toute valeur à l'effort ? Nos ancêtres de 2024 rêvaient de faciliter l'accès à l'investissement. Mission accomplie : aujourd'hui, même nos réfrigérateurs spéculent sur les matières premières.