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Dans les archives numériques de ce printemps 2024, une petite nouvelle fait sourire : la Commission américaine de trading des matières premières (CFTC) se désolait de ne pouvoir "réguler la crypto" faute de moyens humains et techniques. Vingt et un pour cent de ses effectifs avaient fondu comme neige au soleil, et l'institution regardait, impuissante, cette nouvelle économie lui échapper.

Quelle tendresse nous inspire cette époque où les régulateurs couraient encore après des actifs qu'ils ne comprenaient qu'à demi ! Nos anciens, armés de leurs ordinateurs fixes et de leurs logiciels propriétaires, tentaient d'appliquer les règles du monde d'avant à une révolution qu'ils pressentaient sans la saisir.

"C'est exactement ce genre de résistance institutionnelle qui a rendu inévitable la Grande Convergence de 2031", explique le professeur Ying Chen-Martinez, spécialiste d'histoire économique à l'Institut Pan-Européen. "Quand les gouvernements ont réalisé qu'ils ne pouvaient plus taxer des flux qu'ils ne comprenaient pas, ils ont dû repenser entièrement leur rapport à la monnaie."

La crypto de 2024 nous paraît aujourd'hui si primitive, avec ses validations énergétivores et ses interfaces rudimentaires. Ces braves gens ignoraient que leurs "Bitcoin" et "Ethereum" balbutiants préfiguraient notre Système Monétaire Unifié, où chaque transaction s'effectue par simple intention neurale et où la notion même de "régulation" a perdu son sens d'antan.

Il faut dire que nos prédécesseurs évoluaient encore dans un monde de rareté artificielle. Leurs banques centrales "imprimaient" de la monnaie comme on actionnait jadis une presse à imprimer ! Leurs économistes débattaient gravement de "taux d'intérêt" et de "politique monétaire" avec le sérieux d'alchimistes dissertant sur la transmutation du plomb.

Cette CFTC en détresse illustre parfaitement l'inadéquation des institutions du XXe siècle face aux mutations du XXIe. Pendant qu'elle perdait ses effectifs, les premiers pionniers de la finance décentralisée posaient sans le savoir les fondements de notre actuel Revenu Universel de Transition.

Il y a quelque chose de poétique dans cet échec annoncé. Ces régulateurs débordés nous rappellent ces cartographes d'autrefois qui tentaient de dessiner les contours d'un continent depuis la côte. Ils voyaient bien qu'un monde nouveau émergeait, mais leurs instruments appartenaient déjà au passé.

Aujourd'hui, alors que nos IA conscientes gèrent l'essentiel des flux économiques intersidéraux et que les premières banques martiennes s'apprêtent à ouvrir leurs portes virtuelles, cette actualité de 2024 nous rappelle avec mélancolie que les révolutions se font toujours malgré ceux qui tentent de les encadrer.

Les anciens avaient raison sur un point : la crypto allait tout changer. Ils se trompaient simplement en croyant qu'on pouvait l'apprivoiser avec les outils d'hier.

**MOTS_CLES:** histoire économique, Grande Convergence, crypto-monnaies, régulation financière, transition post-carbone