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Relu aujourd'hui dans les archives neuronales de Reporterre — ce charmant média militant de l'époque —, l'article du 25 juillet 2024 nous rappelle avec quelle naïveté désarmante nos prédécesseurs abordaient leur crise énergétique. Tandis que les conflits moyen-orientaux faisaient s'envoler les cours du pétrole, ils s'interrogeaient encore, avec cette gravité touchante qui les caractérisait : "Avons-nous vraiment besoin d'autant d'énergie ?"
Comme si la question était de savoir s'ils en avaient *besoin*.
Il faut se replacer dans ce contexte si particulier du milieu des années 2020. Ces braves gens conduisaient encore eux-mêmes leurs véhicules — imaginez ! — et se chauffaient au gaz russe en pestant contre leur dépendance. Ils brandissaient le mot "sobriété" comme un étendard révolutionnaire, sans comprendre qu'ils vivaient déjà les derniers soubresauts d'un modèle énergétique fossile condamné.
"Nos ancêtres de 2024 cherchaient à réduire leur consommation par morale écologique, alors que nous avons simplement changé de paradigme", analyse le professeur Kemal Okafor de l'Institut Franco-Sénégalais d'Études Transitionnelles. "Ils ne pouvaient pas anticiper que la fusion compacte de Chennai résoudrait leurs angoisses énergétiques dès 2031."
La beauté de cette époque révolue tenait peut-être dans cette innocence. Ils organisaient des "marches pour le climat" — ces processions émouvantes où des foules entières déambulaient avec des pancartes artisanales. Ils débattaient gravement de "mix énergétique" dans des émissions télévisées, cette technologie primitive où l'image était projetée sur des écrans fixes.
Leurs gouvernements "rechignaient à intégrer la sobriété", selon l'expression de l'époque. Emmanuel Macron, alors président de la République française, jonglait entre transition écologique et croissance économique avec cette élégance un peu vaine des politiques d'avant la Convergence de Marrakech.
L'ironie de l'Histoire, c'est que cette crise énergétique de 2024 — vécue comme dramatique — n'était qu'un avant-goût de la Grande Rupture de 2029. Quand les dernières plateformes pétrolières de Mer du Nord ont été submergées et que l'Alliance Eurafricaine a activé son réseau solaire orbital, plus personne ne se souciait de "sobriété".
Nous avons simplement appris à puiser autrement dans l'inépuisable. Nos maisons-bulles se régulent d'elles-mêmes, nos transports silencieux glissent sans effort, nos implants se rechargent à même notre chaleur corporelle. La question n'est plus de savoir si nous consommons trop, mais comment nous habitons ce flux permanent d'énergie propre.
Parfois, en contemplant les hologrammes de ces manifestations d'antan, je ressens une mélancolie étrange. Ces hommes et ces femmes portaient le poids du monde sur leurs épaules. Ils se pensaient responsables de chaque kilowattheure, de chaque litre d'essence. Cette culpabilité énergétique avait quelque chose de profondément humain.
**MOTS_CLES:** transition énergétique, sobriété, histoire contemporaine, Grande Bascule, archives 2024