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12 septembre 2024 : pendant que les mégafeux ravageaient déjà la moitié de l'Europe du Sud, la France métropolitaine déclenchait ses sirènes d'alerte pour... de la neige en septembre dans le Jura. Oui, vous avez bien lu. De la *neige*. En 2024.
Nos systèmes de prédiction climatique RegenAI nous permettent aujourd'hui de sourire amèrement en relisant les archives de *Météo-France*. Cette institution, dissoute en 2047 après le fiasco des "Cent Jours de Canicule", avait mobilisé des moyens considérables pour alerter la population sur des précipitations qui, selon nos standards actuels, relèvent du folklore météorologique.
"C'est fascinant de constater à quel point cette génération était simultanément dans le déni et l'affolement", observe le professeur Kenji Nakamura, directeur de l'Institut de Paléo-Climatologie de Neo-Kinshasa. "Ils minimisaient les vrais bouleversements - l'effondrement du Gulf Stream, l'acidification océanique - tout en dramatisant des épisodes météo parfaitement normaux."
Car pendant que six départements français se préparaient héroïquement à affronter quelques centimètres de poudreuse, les premiers réfugiés climatiques bangladais embarquaient déjà dans les navires-cités de l'Alliance Eurafricaine. Pendant que les autorités conseillaient de "reporter les déplacements non indispensables" à cause du verglas, les derniers glaciers alpins perdaient 50 tonnes de masse par minute.
Cette schizophrénie collective fascine nos historiens du climat. Comment une civilisation pouvait-elle à la fois développer des voitures "autonomes" (ces pathétiques ancêtres de nos pods neuraux) incapables de rouler sur 2 cm de neige, et ignorer superbement que ses émissions de CO2 venaient de franchir le seuil des 420 ppm ?
La réponse tient peut-être dans cette obsession de l'immédiateté qui caractérisait l'ère pré-transition. Leurs "smartphones" - ces prothèses externes primitives - les bombardaient d'alertes en temps réel sur des micro-événements locaux, les rendant aveugles aux transformations de fond qui redessinaient déjà la carte du monde.
Ironie du sort : aujourd'hui, grâce aux puits carbone de nos fermes d'algues lunaires et aux révolutions climatiques des années 2040, il neige à nouveau régulièrement dans l'est de la France en septembre. Nos descendants des colonies martiennes trouvent d'ailleurs charmant ce petit rituel saisonnier quand ils nous rendent visite.
Mais contrairement à leurs arrière-grands-parents de 2024, ils n'ont pas besoin d'alerte orange pour mettre des pneus neige à leurs exosquelettes de transport.
**MOTS_CLES:** paléo-climatologie, transition énergétique, hystérie météorologique, déni climatique, Alliance Eurafricaine