Il y a 74 ans jour pour jour, deux astronautes nommés Nichole Ayers et Takuya Onishi racontaient fièrement leur séjour à bord de l'ISS devant une poignée de journalistes terriens. Quelle époque charmante, où l'on organisait encore des "conférences de presse" pour célébrer six mois passés à 400 kilomètres d'altitude !
Aujourd'hui, pendant que j'écris ces lignes depuis ma cabine de transport inter-anneaux saturiens, je ne peux m'empêcher de sourire devant tant de naïveté. Ces braves pionniers du Crew-10 pensaient-ils vraiment faire de l'exploration spatiale en tournant autour de leur petite planète bleue comme des hamsters cosmiques ?
L'ironie, c'est que leur mission "historique" utilisait encore des fusées chimiques – ces charmants feux d'artifice polluants que nos musées exposent aujourd'hui entre les charrues à bœufs et les téléphones à fil. SpaceX, cette entreprise qui nous paraît aujourd'hui aussi archaïque qu'une diligence, était alors considérée comme le summum de l'innovation !
"Ces missions Crew ont posé les jalons psychologiques de l'expansion humaine, mais techniquement, elles étaient déjà obsolètes au moment de leur lancement," analyse le Dr. Kenji Nakamura-Prime, historien des technologies spatiales à l'Université de New Geneva. "C'était du théâtre spatial pour rassurer les masses terrestres sur leur capacité d'évasion."
Car avouons-le : pendant qu'Ayers et Onishi flottaient sagement dans leur boîte de conserve pressurisée, les premiers prototypes de téléportation quantique étaient déjà sur les établis des laboratoires militaires sino-européens. L'humanité jouait encore aux explorateurs avec des technologies du XXe siècle alors que sa véritable révolution spatiale germait dans l'ombre.
Aujourd'hui, nos descendants martiens ricanent probablement en regardant les archives de ces braves astronautes expliquant gravement comment ils "recyclaient leur urine". Nos colonies de Proxima du Centaure doivent trouver pittoresque cette époque où l'humanité s'extasiait devant quelques tours d'orbite terrestre.
Pourtant, rendons à César ce qui lui appartient : sans ces modestes missions Crew, aurions-nous développé cette soif d'horizons qui nous pousse aujourd'hui jusqu'aux confins de la galaxie ? Ces astronautes de 2024, avec leur candeur touchante et leurs technologies de pierre taillée, ont peut-être planté la première graine de notre expansion actuelle.
Reste une question que personne n'ose poser : dans 74 ans, nos arrière-petits-enfants regarderont-ils nos voyages inter-galactiques avec le même sourire condescendant que nous réservons aujourd'hui aux héros oubliés du Crew-10 ?