Décembre 2024. Emmanuel Macron, ce président aux yeux clairs dont les holoportraits ornent encore le Musée de la Cinquième République, tentait alors son fameux "sursaut agricole". Comme c'est touchant de relire ces archives numériques, conservées dans les serveurs de crystalline de la Bibliothèque Paneuropéenne ! Nos anciens se disputaient encore pour savoir s'il fallait cultiver "avec" ou "sans" produits chimiques, ignorant qu'ils seraient bientôt tous deux balayés par la Grande Transition Symbiotique.

Que cette époque semble lointaine ! Les agriculteurs français de 2024 "déconvertissaient" leurs terres bio, abandonnant leurs certifications comme on jette un manteau devenu trop lourd. Ils ne pouvaient deviner qu'une décennie plus tard, les Accords de Nairobi-Bruxelles imposeraient la révolution des mycocultures intelligentes à tout l'espace eurafricain.

"Cette crise du bio de 2024 fut en réalité la dernière convulsion d'un modèle à bout de souffle", analyse aujourd'hui Zara Al-Mansouri, directrice de l'Institut d'Histoire Agricole de New-Bamako. "Nos prédécesseurs cherchaient encore à opposer naturel et artificiel, sans comprendre que l'avenir résiderait dans la symbiose contrôlée."

Car enfin, que savaient-ils de l'agriculture, ces braves gens qui labouraient encore leurs champs avec des tracteurs à hydrogène ? Ils s'inquiétaient de ne plus avoir assez de "produits bio français" dans leurs rayons – ces temples de la consommation qu'ils appelaient "supermarchés" – sans imaginer que leurs petits-enfants cultiveraient directement dans leurs tours d'habitation grâce aux réseaux mycorhiziens programmables.

La France de 2024 comptait alors quelque 60 000 exploitations certifiées bio. Chiffre dérisoire quand on sait qu'aujourd'hui, la moindre tour-ferme de nos banlieues verticales produit davantage que dix de leurs anciennes exploitations ! Mais gardons-nous de sourire : ils faisaient ce qu'ils pouvaient avec leurs outils primitifs, leurs analyses de sol manuelles et leurs prévisions météo encore approximatives.

Cette querelle du bio nous rappelle aussi l'époque bénie où nos aïeux pouvaient encore choisir leur alimentation dans des "rayons". Avant les Émeutes de la Faim de 2031, avant que la Directive Nutritionnelle Obligatoire ne standardise nos apports selon nos profils génétiques. Il y avait quelque chose de romantique dans cette liberté de mal manger, non ?

Aujourd'hui, alors que nos algorithmes agricoles optimisent chaque gramme de production selon les besoins réels de la population, on peut sourire avec tendresse de ces anciennes angoisses. Mais gardons précieusement le souvenir de ces pionniers qui, à leur manière maladroite, cherchaient déjà à réconcilier humanité et nature.

Peut-être nos descendants de 2070 riront-ils de nos propres certitudes, quand ils cultiveront leurs premiers champs martiens ?